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Quatre patients m'ont demandé une analyse et voici ce que j'ai entendu de chacun d'eux au cours du premier entretien :
Gentiane : « J'ai désiré mon deuxième enfant comme j'avais désiré le premier, mais depuis qu'il est là, je ne peux plus le supporter, plus le voir, j'ai peur de ce que je peux lui faire, j'ai peur de moi. »
Gislaine : « Ma fille m'a menacée de se jeter par la fenêtre; excédée je l'ai attrapée, tenue au-dessus du vide, et j'ai senti que je pouvais la lâcher. C'est affreux. J'ai peur. »
Lina : « Je suis poursuivie par l'idée que mes enfants vont se suicider un jour. »
Cédric : « Quand mon fils fait des bêtises, je cogne. Je sens que je peux cogner à mort. J'ai peur. »
J'ai été profondément touchée par ces quatre demandes d'analyse chargées d'angoisse et motivées au niveau manifeste par la crainte de faire du mal à des enfants aimés. Elles m'ont amenée à écouter avec encore plus d'attention les prises de conscience qui se produisaient en cours d'analyse, chez des mères ou des pères de famille qui pendant longtemps avaient maintenu inconscients des mouvements de rejet envers leurs enfants, parce qu'ils entraînaient trop de culpabilité et d'angoisse. Je notais un net soulagement chez eux, lorsqu'ils parvenaient à exprimer : « J'ai honte parce que je ne supporte pas mon enfant », « J'ai peur de lui faire du mal », ou encore « C'est affreux, je crois que je le déteste »; ils avaient osé s'avouer des mouvements de haine qui auparavant leur avaient paru incompatibles avec l'amour qu'ils portaient à leurs enfants.
Cette panique à l'idée d'être source de souffrance pour des enfants aimés, je l'ai rencontrée parfois chez des femmes enceintes; elle pouvait alors être à l'origine de menaces de fausse couche. Mais je l'ai observée également comme cause inconsciente de stérilité. Il arrivait que certaines