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C'est dans « Au-delà du principe de plaisir » que Freud fait l'hypothèse d'une pulsion qui tend au rétablissement d'un état antérieur, à la réduction des tensions, et qui cherche à ramener l'être vivant vers l'inanimé.
Il maintiendra jusqu'à la fin de son œuvre l'existence de ces pulsions de mort qui exercent souterrainement leur « activité muette et d'une inquiétante étrangeté » (Freud, Nouvelles Conférences). Elles forment avec Eros l'alliage du deuxième dualisme pulsionnel.
Freud a commencé la première rédaction d' « Au-delà du principe de plaisir » en mars 1919, et l'a terminée en mai. Comme il va l'écrire à Ferenczi dans une lettre datée du 19 mai 1919, en même temps, il exhume un ancien travail oublié dans un tiroir : ce sera Das Unheimliche. Cet essai, où il aborde un tout autre registre du muet et de l'étrangement inquiétant, se termine ainsi :
« Quant à la solitude, au silence et à l'obscurité nous ne pouvons rien en dire, sinon que ce sont là effectivement les circonstances auxquelles s'attache chez la plupart des humains une angoisse infantile qui ne s'éteint jamais. »
Freud omet là, étrangement, la mort, dont il a toujours soutenu que nous ne saurions pas nous la représenter : « Car la mort est un concept abstrait au contenu négatif, pour lequel on ne saurait trouver une correspondance inconsciente » (Le Moi et le Ça).
Cette assertion de non-représentance n'annule pas la force persuasive avec laquelle font retour, dans tout le texte, les multiples figurations de la mort.
Tout d'abord, ce texte inscrit la mort dans le corps sexué, l'angoisse de mort est l'analogon de l'angoisse de castration, les figurations de la mort sont l'expression et la conséquence de fantasmes sexuels. L'homme au sable arrache les yeux des enfants qui s'interrogent sur l'inquiétante