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Il n'est pas question de traiter ici du problème général des adolescentes enceintes, mais plutôt de souligner certains aspects d'une étude clinique en cours. Ce travail porte en effet sur des mineures enceintes de 16-17 ans environ, que j'ai choisi de suivre à partir de consultations d'un service de maternité, dans le but de trouver une population plus diversifiée que celle des foyers ou hôtels maternels. Elles sont parfois issues de familles nombreuses, parfois non. Elles n'ont pas de place spécifique dans la fratrie, leur mère n'a pas été forcément mère célibataire ou enceinte précocément. Certaines vivent encore dans leur famille, d'autres avec le père de leur enfant, ou chez des amis. Les unes disent avoir choisi de façon très déterminée leur situation actuelle. D'autres seraient contentes d'attendre ce bébé non programmé.
A condition qu'elles en soient d'accord, je les reçois individuellement en entretien semi-directif, à plusieurs reprises, avant l'accouchement, en me situant dans mon statut de personne extérieure au service, venant là pour effectuer une recherche. L'étude se poursuit : d'une part par la comparaison avec un groupe de lycéennes non enceintes, et d'autre part par l'observation des interactions mère-nourrisson chez certaines adolescentes déjà suivies pendant leurs grossesses. Entretiens, observations mère-nourrisson constituent la base de ce travail, et tenter la compréhension psychanalytique d'un matériel clinique qui se situe en dehors de la cure n'est pas sans poser quelques problèmes. Proposer dans ce cadre des jalons pour un éclairage théorique n'en est pas un des moindres, surtout si, comme dans cette étude, se repèrent en cours de route des modifications qui signent une évolution de l'organisation mentale. Cependant R. Diatkine1 indique que « la psychanalyse ne peut indirectement utiliser l'observation directe que pour y