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Les recherches concernant l'identité sexuelle ont connu un certain essor depuis leur inauguration dans les Trois Essais. La définition, par R. J. Stoller, d'un syndrome transsexualiste, avec toutes les conséquences qu'il entraîne selon lui, nous apparaît comme une date marquante dans une évolution qui devait conduire à des remaniements théoriques importants et controversés.
C'est à la suite d'entretiens avec des garçons efféminés, leurs familles et des transsexuels adultes, que Stoller a délimité le transsexualisme en fonction d'une étiologie qui concordait avec la thèse « délirante » du transsexuel: avoir une âme de femme dans un corps d'homme; la psychogénèse fonde la vérité de cette conviction: le petit garçon aurait, dans une symbiose « bienheureuse » avec sa mère, subi une empreinte inconsciente de sa part, le poussant vers la féminité, et l'empêchant de se « désidèntifier » d'elle pour devenir masculin. Ces données — ou plutôt cette interprétation — sont extrapolées à l'identité de genre en général: acquise précocement et sans conflit, cette identité est néanmoins plus compliquée pour le garçon qui doit se « désidentifier » de la mère pour ne pas devenir transsexuel, inversé quant au genre. Le genre s'acquiert plus difficilement pour l'homme, en témoignent les plus nombreuses perversions dont il a tendance à souffrir et qui ont pour fonction de préserver une identité de genre menacée.
Les théories de Stoller qui affirment le développement a-conflictuel du transsexuel dont la psyché serait séparée du corps nous laissent perplexes, d'autant que sont exclus du transsexualisme tous les sujets qui ne répondent pas à ses critères. La singularité d'un syndrome isolé et la pluralité des patients présentant une perturbation de l'identité sexuelle se trouvent sans nom commun…
En opposition à Stoller, E. Moberley, qui reconnaît les différences, les difficultés d'identification chez les garçons et les filles, nous propose une étiologie commune au transsexualisme, à la parano