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Cet étonnant ouvrage débute par une photographie de Théodore Flournoy, assis à sa table de travail et coiffé d'un curieux petit chapeau rond aux bords relevés.
A l'angle supérieur gauche du cliché (zone de la pensée et de l'irréalisme en graphologie), au centre d'une zone d'ombre, on remarque le portrait d'une femme qui semble jeune et jolie et qui restera une mystérieuse Joconde pour le lecteur.
Un long ayant-propos de l'auteur, petit-fils de Théodore Flournoy, nous présente ce grand-père haut en couleurs comme posant « une énigme du point de vue de l'histoire des sciences », discipline qu'il enseignait effectivement lui-même à l'Université de Genève à la fin du XIXe siècle.
Olivier Flournoy remarque que seuls les psychanalystes n'ont pas paru intéressés par ce singulier clinicien. L'auteur propose aussitôt une comparaison entre Sigmund Freud et Théodore Flournoy; de méchants esprits se demanderaient si cette suggestion englobe également un fantasme de filiation idéale supplémentaire chez un contemporain qui n'est déjà pas dépourvu, dans la réalité, de gènes de grande qualité.
Il est certain que Théodore Flournoy se présente, dans la culture scientifique d'expression française, comme un pionnier de la psychanalyse, tant par ses recherches personnelles que par les successeurs qu'il nous a physiquement ou intellectuellement donnés. Les connaissances philosophiques de Th. Flournoy apparaissent comme plus certaines que celles de Freud. Si tous deux peuvent être considérés comme adhérant à un déterminisme assez rigoureux, on remarque par contre chez Th. Flournoy une attitude profondément dualiste dans ses options humanistes, ceci en rapport sans aucun doute avec des convictions protestantes qu'il n'a jamais cachées ni abandonnées.
L'essentiel de l'ouvrage de Olivier Flournoy est consacré aux recherches développées par Théodore Flournoy dans le domaine du spiritisme et de la « médiumnité », à partir du cas d'une jeune Genevoise, Elise Muller, et publiées en 1900 sous le titre