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Du commentaire des intégrales de la correspondance freudienne aux aphasies de « la Rue des Boutiques obscures » de Modiano, la préoccupation est biographique. Ilôts repêchés, rassemblés, recevant dans l'aprèscoup du sujet et de l'auteur une forme désormais mémorisable et se voulant d'un seul tenant. A celui qui écrivit ou vécut, cohérence, continuité, logique sont prêtées dont nous percevons pourtant, s'agissant de nous-mêmes, le caractère composé, construit, de rétrodiction.
Si autrui, par extraordinaire disponibilité ou intérêt brûlant, parvient à retenir notre attention, nous n'échappons pas à des impressions contraires qui nous imposent de le percevoir dans ses modulations plutôt que d'organiser cet autre sur le mode de l'identification projective et introjective et de grimer le tout en une rationalité sans faille de sa conduite et de notre pensée.
Les psychanalystes sont amateurs de biographie. Cette fringale est destinée à l'inassouvissement. On peut sans doute avancer que l'impossibilité de la biographie est le présupposé de la possibilité même de la psychanalyse.
Si le monde est investi avant que d'être perçu, cet investissement est, massivement pour les débuts de la vie, puis plus discrètement mais avec permanence, de l'ordre des projections. Avant d'être le mécanisme de défense peu à peu « analysable » cette projection a valeur d'aménagement. Elle est le corollaire du sentiment d'identité des locuteurs fût-ce au prix de malentendus importants. L'étendue de ces malentendus trouve