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Pour aborder le problème du polylinguisme, en tant que psychanalyste, j'ai eu recours, surtout, à mon expérience personnelle. L'italien est la seule langue que j'ai apprise à l'âge adulte, alors que je faisais mon « training » psychanalytique. L'anglais est la langue de ma scolarité. Quant au reste, j'ai l'impression d'êre née en parlant au moins quatre langues. Je ne saurais dire quelle est ma langue maternelle, même si je considère que c'est l'espagnol. Les langues les plus utilisées par mes parents, pourtant, étaient l'allemand et le yiddish. L'espagnol et le français étaient parlés par des figures plus distantes. Mes jouets avaient des noms français, les comptines et les chansons étaient allemandes ou yiddish.
Les quatre langues que j'ai acquises avant ma quatrième année, simultanément au développement du langage (polylinguisme), font partie d'un patrimoine que l'on pourrait appeler structurel, lié aux expériences corporelles et à un vécu d'ordre concret, donc, apparenté aux processus primaires. Par contre l'anglais et l'italien sont des langues apprises alors que je savais déjà parler (polyglottisme). Il faudrait donc ici, souligner la différence entre polylinguisme et polyglottisme; et proposer une série de réflexions:
On parle beaucoup de l'importance de la langue maternelle, surtout pour l'acquisition du langage. Nombreux sont les psychologues et aussi les psychanalystes qui ont mis en garde les adultes contre les méfaits causés par le fait de parler plusieurs langues aux enfants, invoquant les altérations des processus cognitifs ou de la sécurisation affective. Or, nous savons actuellement que l'enfant porte dans son bagage génétique, inné, un potentiel qui lui permet d'accéder à un nombre infini de phonèmes. Cette faculté se perd progressivement et leur nombre deviendra fini en