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Cette réflexion sur le langage, stimulée par la perspective du rapport de ce Congrès, est née d'observations cliniques sur les lacunes de la parole en analyse. Ces lacunes sont parfois un obstacle difficile, parfois au contraire, l'expression d'un véritable travail du négatif dans les mailles de la censure, qui on le sait possède un double rôle, de barrière et de lieu de passage. Les lacunes, les intervalles, autorisant la régression, favorisent cette conscience intermédiaire, pour reprendre l'expression heureuse de P. Luquet, qui rend possibles l'insight, la créativité et la levée partielle du refoulement. Dans le dialogue analytique ces intervalles harmoniques vont se multiplier, et amplifier cette conscience intermédiaire jusqu'à l'empathie, la communication d'inconscient à inconscient (Freud) ou la communication paradoxale (M. de M'Uzan), précédant le déploiement d'une parole authentique. Mais dans les cas favorables, ces lacunes n'ont pas le caractère systématique qu'elles revêent dans les structures plus pathologiques; bien au contraire elles témoignent, pour se servir d'une métaphore, d'une véritable respiration du langage, faisant communiquer l'espace intérieur, dont la parole exprime les aspirations, et l'espace extérieur, qu'elle anime de son souffle communicatif. Pour cela, encore faut-il que la pensée soit capable d'investir sans en êre oppressée le domaine de l'inexprimé, du quantitatif: plaisir, souffrance et leurs conflits. Le rôle de la parole est d'aider la pensée à se dégager de son stade primaire, défini par Freud dès l'Esquisse, d'une réflexion qui ne peut investir les traces d'expériences trop fortement chargées.
« Où donc la parole elle-même, en tant que parole, se fait-elle entendre? Etrangement là où, pour quelque chose qui vient à nous en nous concernant, nous accapare en nous attirant à lui, nous oppresse de son urgence ou nous enflamme d'enthousiasme, nous ne trouvons pas le mot juste. Nous laissons alors ce que nous avons en vue dans l'ine