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Dans la Psychopathologie de la vie quotidienne, Freud analyse une série d'oublis de mots déterminant des formations substitutives. Le cas clinique, que je vais rapporter, me semble intéressant par ses particularités quant à ce processus.
Je limiterai le récit et la discussion à l'oubli et à ses avatars.
Il s'agit d'un patient M. M…, d'origine polonaise, âgé d'une quarantaine d'années. M… repense à la campagne du pays natal, aux plaines, aux bois. Le ton est nostalgique mais paisible. C'était une période heureuse de son enfance. Les arbres à l'écorce blanche pointent dans cette campagne et lui semblent typiques de ce paysage ensoleillé.
La difficulté surgit lorsqu'il veut nommer ces arbres. Impossible de trouver le nom en polonais ou en français. Après une longue recherche perplexe surgit le nom polonais « Bjoza » (notation phonétique). Il faut plusieurs séances pour trouver le nom français: Bouleau.
Il associe rapidement sur le « boulot » de son père, très travailleur, dit-il, et, en particulier, sur son « boulot sexuel ».
Le désir de nomination s'est accompagné d'un oubli, d'une censure. L'arbre, figuration d'une excitation-érection, dans une plaine accueillante, évocation régressive, n'avait pas été censuré.
Cette représentation de chose, déplacement d'un vécu archaïque corporel, de la mentalisation d'une tension primitive, dans une chaîne associative, peut-êre aussi projection d'une partie du corps propre, fait partie d'une riche condensation.
La liaison avec une représentation de mot, à ce moment du transfert, déclenche un contre-investissement générateur de l'oubli. Le mot français était lié à une pensée latente, difficile à rendre consciente, puisqu'il s'adresse