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« Vous savez, c'est quelqu'un dont il faut se méfier… Il parait très amical, affectueux… et puis, paf! Pour un oui ou pour un non, on ne le revoit plus. »
Une courte comédie à deux personnages de Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non1, met en scène l'histoire d'un malentendu banal. D'une formule prononcée naguère par l'un des deux protagonistes de la pièce (« c'est bien… ça »), amis intimes de longue date, l'auteur tire le motif d'interprétations multiples et contradictoires, valant accusations réciproques et alternantes de perfidie, de mépris, de raillerie, d'indifférence entre les deux hommes.
D'un instant et d'un personnage à l'autre, tout change en fonction:
1 / Du contexte dans lequel la phrase litigieuse est censée avoir été dite;
2 / Du ton, de l'accent, du temps supposés à renonciation.
La pièce finit, après cent recherches de preuves, par le renoncement un peu amer des partenaires à retrouver la vérité de leurs souvenirs. La méditation de ce petit drame d'humour et de talent met en évidence de façon exemplaire la violence des charges énergétiques tenues liées dans la vie sociale par l'apparente platitude, la neutralité des mots et de la syntaxe formelle. Le dit, ici, ne tient en fait que du non-dit consenti, ou du non