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Pour qui a eu la chance de travailler avec Pierre Luquet, ce n'est pas assez de dire tout ce que l'excellent rapport qu'il nous propose éveille de mouvements associatifs. Illustrant exactement le thème de son étude, sa lecture nous porte en effet, et nous conduit tout à la fois; c'est-à-dire qu'à l'évocation tout affective du climat des discussions, soirées et séminaires, se mêle le souvenir des exemples cliniques qui lui viennent à l'esprit avec une spontanéité hallucinatoire dont il a le secret, dans une succession de retraits et de redéploiements qui maintient sa pensée sur les différentes portées d'une même ligne mélodique. Car il y a une pensée Pierre Luquet, qui est aussi une manière de penser et ne pouvait mieux faire que de porter sur la pensée.
Stimulé par toutes les raisons amicales nous incitant à partager sa réflexion, choisissant dans une nomination consciente un point parmi de nombreux autres, relâchant la tension, tâtonnant entre la rêverie et quelque laborieuse opération progressive, saisissant un mot dans l'indécision de l'image et de la syntaxe toujours prêe, par quelle poussée se retrouve-t-on en train d'écrire dans le double souci de limiter ce qu'on veut dire et d'en étendre le sens, de posséder ce qui échappe et de le communiquer? Et voulant nous approcher encore de ce qu'il en est de cet échange insaisissable entre les mots et les choses, de ce que ni l'exactitude des uns ni la précision des autres ne peuvent isolément nous dire ou nous montrer, c'est à l'endroit de la pensée métaconsciente, si bien située par l'auteur au carrefour de toutes les dynamiques, que dans la perspective la plus large et toute la complexité des variations de niveaux, nous tâcherons de comprendre quelle nécessité mutuelle, quelle instabilité réciproque viennent animer ce que, pour mieux penser, le langage, dans une indivision toujours en question, nous donne à voir et à entendre.
Que se veulent donc, en effet, le fantasme et la parole? Qu'ils soient nés d'une même situa