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Au moment où notre Congrès se réunissait pour remettre une nouvelle fois sur le métier les rapports de la psychanalyse et du langage, Jean-Luc Godard déclarait à un journaliste: « Une image n'est pas forte parce qu'elle est brutale ou fantastique, mais parce que l'association des idées est lointaine. »
J'espère ne pas trahir la pensée du cinéaste souvent exprimée sur un mode un peu énigmatique, en remarquant qu'il n'a pas opposé les choses et les mots, mais les images et l'association des idées, c'est-à-dire pour Godard je crois, non pas les associations libres du divan mais celles du récit dans toute son épaisseur.
La « puissance sensorielle » de l'image pour reprendre le mot de S. Freud rappelé par les Botella1 serait d'autant plus forte que cette sensorialité serait loin du récit. Cela rejoindrait peut-êre la phrase bien connue de Macbeth dont un fragment a servi de titre à un célèbre roman de W. Faulkner: « It is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing » — c'est une histoire, racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur qui ne signifie rien2. C'est presque à la fin de la pièce que Macbeth définit en ces termes l'existence dans des circonstances assez sombres que je ne reprendrai pas ici. On peut tout de même rappeler la dimension hautement conflictuelle de la vie intérieure de ce personnage tiraillé entre les exigences de ce que certains appelleraient son moiidéal pulsionnel et de son surmoi.
M. E. Coindreau, préfacier de l'édition française de l'œuvre de W. Faulkner Le bruit et la fureur publiée en 1929 par un romancier