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Je n'aime toujours pas la pulsion de mort.
Et pourquoi donc?
Si la pulsion de mort est un « objet de connaissance » permettant d'affiner nos processus de connaissance du fonctionnement psychique, et si elle est pure spéculation de Freud, c'est-à-dire si elle n'est que concept hypothético-déductif permettant de fructueuses explications de ce qui nous échappe radicalement, pourquoi continue-t-elle à éveiller mon antipathie?
Si elle nous facilite la compréhension de ce que veulent dire clivage, destruction parachevée, haine et ses conséquences, et surtout de ce que voudrait dire l'absolument indicible, son intérê théorique devrait alors me suffire.
Ce n'est pourtant pas le cas.
Le fonctionnement psychique suppose un appareil, manière de dire équivalente à l'observation du fait que pour qu'une lampe éclaire, il faut une lampe. Ainsi l'expérience psychanalytique présuppose-t-elle au moins un appareil mental, même hors d'usage. Il s'agirait dans ce dernier cas de le réparer. Mais qu'en est-il d'une telle expérience si cet appareil fait défaut? Est-on à même d'en offrir un à nos patients? A mon avis, non. Peut-on leur suggérer de s'en procurer ou de s'en construire un? Mais à qui donc s'adresser s'il n'y a personne — pas de personne — pour nous entendre? La pulsion de mort peut alors nous aider à comprendre en dehors de la situation psychanalytique ce manque d'appareil, ce défaut d'analysabilité. Son intérê serait pré-analytique, ou post-analytique pour expliquer les échecs, et non pas clinique.
D'un point de vue historico-critique, je rappellerai qu'en écrivant Au-delà du principe de plaisir Freud se réfère à deux exemples (l'enfant à la bobine et les rêves à répétition des traumatisés) qui font de la pulsion dont il est question une spéculation résolument universelle. Au-delà