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En relisant le rapport de P. Luquet, après avoir écouté la Conférence d'A. Barbier sur le « Silence de Mort », je me suis mise à associer sur les troubles graves de la pensée de certains analysants. La très profonde intervention de François Gautheret, fait poursuivre ma réflexion sur ces patients. Ils interrogent l'analyste sur son contre-transfert, et l'indication même de la cure. Ils peuvent provoquer chez lui une sidération de la pensée.
Le problème est très souvent celui de l'analyse d'une dépression infantile très archaïque où manque l'élaboration de la position dépressive. Les premiers échanges avec la mère semblent à travers les rencontres corporelles, n'avoir permis la constitution que d'un espace psychique limité. Cela venait-il du type de réponse de la mère, de sa dépression, du manque de capacité de rêverie en accord avec les sollicitations de l'enfant? En tous les cas, la perception de l'espace psychique maternel a été limitée, floue, sans mouvement libidinal liant et enrichissant les émotions réciproques dans les échanges, comme une première musique harmonieuse en réponse au bruit des cris douloureux, et inscrivant ainsi la trace d'une pensée source de plaisir.
Dans certains cas, à la dépression maternelle s'est ajoutée la conjonction de mouvements pulsionnels réciproques mortifères, n'ayant pas accès à la représentation.
Il me semble que l'élaboration d'une pensée métaprimaire devient possible chez ces analysants, avec des représentations symboliques qui maîtrisent et intègrent dans un mouvement anal du moi, l'angoisse des pensées non pensables dont parle Bion, lorsque l'analyste peut symboliser quelque chose de sa haine dans le contre-transfert.
On voit alors naître et s'élaborer une pensée métaprimaire, une pensée de rêve, mettant à l'abri les deux protagonistes des actings et du danger psychosomatique.