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Est-il possible — je précise immédiatement: est-ce à la mesure de l'homme — de déterminer par la métapsychologie ce que la clinique donne à observer, de sauter d'une réponse à « Qu'est-ce qui se passe? » à une réponse à « Qu'est-ce que cela signifie en fin de compte? ». Cette tentation d'aboutir à un système d'abstractions, de spéculations si l'on veut, étreint le psychanalyste; on ne peut l'évacuer en en faisant un simple jeu de la bobine, ou une pure curiosité ontologique. Exemples: que veut dire le négatif « non-sein » dont le concept s'appuie sur le mot sein qui introduit sinon la présence de la chose, du moins sa représentation? Qu'est-ce que cette pulsion de mort qui apparaît avec la vie, qui s'origine à elle? L'êrelà-qui-est-homme peut-il se dire le sujet de son inconscient, lui qui n'est qu'un objet dans le monde? De cela, vraiment, on ne se débarrasse pas.
Alors, décider d'un sens, assigner un séjour à ce sens, buts légitimes de la métapsychologie, ne serait-ce pas opérer un véritable coup de force épistémologique en fermant la question par une certitude de la raison? Car je rappelle tout de même que la métaphysique — dont la métapsychologie tend à s'approcher —, ne fonde sa vérité que de laisser ses propres interrogations ouvertes sur leur sans-fond.
Errance de la vérité que je voudrais illustrer brièvement dans le champ de la poétique, là où se dessine exemplairement, je crois, le destin, l'un des destins peut-êre seulement, de cette configuration qui nous obsède: langage-pensée-structure psychique. C'est un lapsus ayant circulé ici qui m'en fournit l'argument: pulsion de mot pour pulsion de mort.
Y aurait-il donc une pulsion de mot? Y aurait-il donc une pulsion de mort à l'œuvre dans le mot?
Quand Ivan Fónagy relève la violence, la destructuration syntaxiques, il donne l'exemple des deux vers suivants de Verlaine:
« Autre que toi que je vais sac-
Cager de belle manière. »