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Je me bornerai à présenter ce qui m'apparaît comme une illustration de ce qu'a dit F. Gantheret sur la négociation de la pensée (verbale) avec l'excitation et aussi sur la « désarticulation » du « corps-code ».
C'est d'un aperçu d'un mouvement créatif chez un écrivain et génial et épileptique que je vais dire quelques mots. Rappelons ici que Dostoïevski est connu pour utiliser des « langages » très diversifiés, caractérisant ses personnages, et donc au sein de la langue « maternelle » russe elle-même.
En février 1873, Dostoïevski publie une courte nouvelle, Bobok, dans le Journal d'un Ecrivain, rubrique de la revue Le Citoyen dont il n'est le rédacteur en chef que depuis un mois. Il vient de publier Les Démons (ou Les Possédés) dont les Carnets font état, en marge de ses brouillons, de très nombreuses crises d'épilepsie, plus ou moins commentées par lui ou mêlées à des annotations sur le roman en cours.
La nouvelle est fictivement écrite par un narrateur, nommé « quelqu'un » par la rédaction, en fait Ivan Ivanytch (Dupont-Dupont), et qui inonderait la revue de lettres revendicatrices et acerbes; il s'agit là à l'évidence d'un double caricatural de Dostoïevski par lui-même.
Depuis quelque temps, Ivan Ivanytch, qui manifestement ne va pas bien psychiquement (« il se passe en moi quelque chose de singulier… et mon caractère qui change et ma têe qui me fait mal… je commence à voir et à entendre des choses étranges… »), nous apprend donc qu'il entend « pas précisément des voix, mais comme s'il y avait auprès de moi: bobok, bobok, bobok ».
« Je cherchais, ajoute-t-il, à me changer les idées. J'ai échoué à un enterrement »: enterrement d'un riche parent dont il est le parent pauvre et qui refuse dignement d'assister au repas funéraire auquel il