You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le côté le plus spécifique du travail de P. Luquet, concernant l'évolution du langage et sa place dans la métapsychologie psychanalytique, se situe dans la deuxième partie du rapport: Pensée et langage dans la cure. Cette partie a inspiré et servi à notre exposé qui a comme sujet l'évolution d'une fillette de 12 ans, née avec un kyste à l'œil droit, un colobome rétinien à l'œil gauche et ayant pour conséquence une vision 3/60% et une lecture à 5 cm. Cette fillette est en psychothérapie chez l'un d'entre nous (J. P.). Elle est intelligente et malgré son bégaiement, elle parle un français riche et syntactiquement impeccable. Cependant, au cours de sa psychothérapie, elle a fait part à sa psychothérapeute qu'elle avait inventé une langue orale et écrite privée destinée, selon ses dires, qu'à elle-même. Suivant notre hypothèse par la création de cette « nouvelle langue » elle a voulu compenser la dimension visuelle qui manquait à la construction du réseau langagier1.
Revenant au rapport de P. Luquet, nous avons retenu pour notre exposé les points suivants: le langage est un mouvement vers l'objet. Les premiers échanges s'effectuent par les rythmes, les intonations syllabiques, avec le bruit du cœur, celui de la respiration et des différents organes. Le regard aussi commence à avoir sa place; ce que P. Luquet appelle une appétence à l'objet, à la communication. Après le babil, multiplicité de phénomènes communs à toutes les langues, à 16 mois le contact du regard prend une place importante par le sourire accompagné des vocalisations. L'enfant oriente le regard dans la même direction que celui de la mère, la mère interprète le regard comme communication. La prosodie devient celle de la langue parlée par la mère. La mère imite et