You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
J'avais prévu d'intervenir, en me référant au Rapport de P. Luquet, pour illustrer certains aspects du processus d'émergence de la parole chez le jeune enfant. Comme l'a clairement souligné P. Luquet, le langage ne peut êre acquis par l'enfant que dans un processus d'interaction avec la mère où les réponses de celle-ci jouent un rôle déterminant: c'est dans ce sens que je me proposais d'orienter cette brève contribution. L'intervention de F. Pasche me conduit à centrer plus directement mon propos sur l'idée que cette acquisition est basée sur une reconnaissance mutuelle d'identité.
Pour que l'enfant puisse faire siens les mots de la mère, sans êre contraint à les attaquer, il faut aussi et d'abord que la mère sache reconnaître et investir les signifiants spontanés de l'enfant; faute de quoi, celui-ci ne peut que se sentir lui-même attaqué dans son identité naissante par un pouvoir maternel annihilant auquel il ne saurait avoir aucun accès.
A l'appui de cette idée, je reviendrai très brièvement sur une observation que j'ai antérieurement publiée1. Il s'agit d'un moment mutatif particulièrement marquant dans l'acquisition du langage que j'ai pu observer chez ma propre fille dans des circonstances qui lui ont donné un caractère assez spectaculaire. On ne peut considérer qu'il s'agisse d' « observation directe », au sens objectivant que prend habituellement ce terme, puisque j'étais moi-même partie prenante de la situation observée. A cet égard, ma position se rapprocherait davantage de celle de l'analyste, « écouteur » impliqué du discours de son patient et interprète de ce discours; et, plus encore, elle se rapproche de la situation du psychanalyste d'enfants, pour qui l'interprétation doit prendre en compte l'ensemble d'une situation relationnelle