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On peut imaginer l'amusement ironique qu'aurait éprouvé Freud à se découvrir ainsi en effigie sur un billet de 50 schilling, lui qui connut des problèmes d'argent toute sa vie, de la faillite de son père qui provoqua l'exil de sa famille de Freiberg a Vienne en 1859, jusqu'à la « rançon » que dut payer M. Bonaparte aux autorités nazies pour permettre celui de Vienne à Londres en 1938.
Le 30 décembre 1928, peu après la mort de Wilhelm Fliess, Freud écrivait à sa veuve, Ida, qui lui avait demandé s'il avait conservé les lettres que son ancien ami lui avait envoyées, qu'il ne parvenait pas à les retrouver. Il croyait se souvenir d'en avoir détruit la majeure partie en 1904, mais, ajoutait-il, « puisque je n'ai pas trouvé non plus d'autres choses que j'avais certainement l'intention de préserver, par exemple les lettres de Charcot, je ne considère pas l'affaire close » (Freud, 1986, p. XVII).
De fait, sauvegardées durant quarante années puis emportées dans les bagages de l'exil en 1938, ces quelques lettres adressées par le célèbre professeur parisien, alors au faîte de sa gloire, au jeune visiteur autrichien qui allait devenir son traducteur, ont été longtemps abritées par les Archives Freud. Récemment devenues communicables au public, elles se sont vues confiées pour leur première publication à la Revue française de Psychanalyse1. Il est un peu regrettable qu'il ne soit pas possible de les présenter en un fac-similé qui permettrait au lecteur de les déchiffrer comme nous avons dû le faire et de suivre au travers des irrégularités de l'écriture de Charcot les mouvements de son humeur et de ses impatiences. Nous ne nous sommes livrés à aucune analyse graphologique, mais il y aurait sans doute beaucoup à dire de leur graphisme chaotique aux caractères tour à tour enflés ou réduits, aux mots fébrilement soulignés, aux paragraphes hachés de petits tirets. Griffonnées à la hâte, nous avons res