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Un vécu particulier entraîna certaines perturbations dans la pratique psychanalytique pendant les années tragiques de la dictature en Argentine.
Malheureusement, la propagande et le terrorisme d'Etat produisirent la perte de l'éthique et de la fonction psychanalytique de certains collègues.
Les psychanalystes qui doivent permettre de penser en liberté et avec liberté choisirent parfois le silence, la distorsion de la réalité en niant ou en ne prenant pas la charge d'une éthique de défense publique, soit locale, soit internationale, quand un des membres des Associations psychanalytiques ou ses enfants étaient emprisonnés ou portés disparus. Je parle de personnes innocentes qui n'avaient aucun compromis avec des actions de guérilla, qui étaient le fait d'extrémistes peu nombreux mais très dangereux. Certaines sociétés choisirent le silence. Il n'y eut pas de demandes publiques d'habeas corpus ni de demandes publiques de mises en liberté (je me souviens en particulier du cas d'un collègue kidnappé avec sa femme).
Il y eut même des propositions honteuses de rayer du Roster local le nom d'un membre de la Société qui était en prison.
Mais il y eut aussi des membres des Sociétés psychanalytiques qui luttèrent avec ferveur pour la cause des Droits de l'Homme et qui signèrent individuellement ou au sein d'institutions des demandes de recherche, et qui offrirent leur aide thérapeutique.