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On sait quels errements ont conduit des psychanalystes allemands à tenter de maintenir l'institution psychanalytique sous le régime nazi. Saignée par l'exclusion, l'émigration ou l'exécution des psychanalystes juifs, bâillonnée dans son expression et sa pratique, la psychanalyse dériva, sous la direction de Herman Goering (neveu du ministre de la Propagande), vers une adaptation de plus en plus marquée aux objectifs thérapeutiques de l' « hygiène raciale » nazie. L'exploration de l'inconscient était considérée comme dangereuse et néfaste; l'Institut de Berlin (devenu l'Institut pour la Recherche psychologique et psychothérapeutique) avait pour objectif essentiel l' « intégration dans la grande communauté de destin du peuple allemand ». Tout en menant des travaux sur les névroses de guerre, l'attitude des soldats au front, certains de ses membres allèrent jusqu'à élaborer des protocoles pour la stérilisation et l'euthanasie.
Après 1945, le mouvement psychanalytique allemand s'est reconstitué autour de deux sociétés de psychanalyse, l'une à tendance psychothérapeutique en continuité avec celle menée auparavant et l'autre psychanalytique rattachée à la tradition d'avant 1933 et faisant retour à l'enseignement de Freud.
Les psychanalystes de RFA ont été rapidement amenés à idéaliser la psychanalyse étrangère, surtout d'origine anglaise et nord-américaine, et à s'y soumettre. Quelle que soit la tendance, la période de 1933–1945 était mise entre parenthèses. Une véritable « conspiration du silence » était instaurée, masquée par des controverses1, pour occulter le passé et éviter d'aborder la responsabilité des psychanalystes et du mouvement psychanalytique entre 1933 et 1945.
Cette attitude a été fortement contestée ces dernières années, et plus particulièrement avant la tenue du Congrès international de Hambourg en 1985, par