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Cinquante ans après la mort de Freud commencent enfin à paraître ses Œuvres complètes en français. Quels qu'aient pu être les aléas et les enjeux qui retardèrent cette édition1, celle-ci est un événement considérable; aussi avons-nous décidé de lui consacrer une Chronique régulière. Vous y trouverez des analyses critiques, des exégèses, des polémiques, des débats…
Le premier volume (t. XIII, 1914–1915) est paru en avril et a déjà connu plusieurs rééditions; c'est un succès de vente indiscutable, même si les choix terminologiques de ses traducteurs ont surpris, voire heurté une part du public, chez les analystes et ailleurs. Cela donne matière à discussion, mais il faut bien dire que les critiques jusqu'ici publiées ont été généralement superficielles, témoignant de plus de réactions épidermiques ou de parti pris d'hostilité que de l'étude attentive du texte. Nous pensons que l'entreprise mérite plus de sérieux et de considération; nous nous y attacherons.
Notre chronique s'ouvre avec un texte de Ruth Menahem, qui appelle d'ailleurs quelques explications sur les circonstances de son élaboration. Au départ, elle devait avoir un entretien avec l'une des personnes responsables des traductions des Œuvres complètes; l'interview eut bien lieu mais, le relisant, celle-ci n'en fut guère satisfaite et nous demanda de ne pas le publier. Dans ces conditions, il ne restait plus à Ruth Menahem qu'à reprendre les questions qu'elle entendait poser aux traducteurs, puis à les compléter de ses propres commentaires.
Il est certain que la prochaine publication d'un ouvrage d'accompagnement, exposant la méthode de travail choisi, justifiant les choix terminologiques et fournissant un glossaire (« Traduire Freud », à paraître en octobre), va nous fournir bien des réponses, même s'il soulève, vraisemblablement, d'autres questions. Les discussions prendront alors, sans doute, une autre dimension; nous avons pourtant pensé ne pas devoir laisser passer l'événement qu'est la sortie du premier vo