You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Poursuivant la réflexion développée dans La Folie des autres (Dunod, 1986), Psychanalyse païenne met au clair les bases techniques d'une compréhension des procédures thérapeutiques au sein des sociétés traditionnelles.
Ces procédures utilisent peu le discours mais recourent à des objets, des rythmes, des chants ou des sacrifices d'animaux. Tous ces éléments interviennent comme autant d'opérateurs thérapeutiques difficilement réductibles à notre problématique psychanalytique, laquelle, à l'inverse, privilégie le discours comme constitutif d'un sens.
Lorsqu'un cheikh kabyle d'Algérie fabrique un talisman mêlant du sel béni, des graines de coriandre, un fragment d'opaline et un morceau de papier sur lequel il a inscrit une sourate du Coran, le tout cousu dans un petit sachet de toile verte, et qu'il l'offre au patient comme seule réponse à sa demande de soins, il lui communique une « image de transformation », subtile articulation entre des mondes hétérogènes, mécanisme relevant certes d'une logique mais impalpable et indicible. Or, si la compréhension et le maniement de cette logique singulière ne s'improvisent pas, ils sont cependant indispensables à la prise en charge des patients migrants,