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L'attention du psychanalyste à toutes les séquences du discours du patient, le sens qu'il attribue à ces enchaînements et qu'il restitue au patient font que le transfert est beaucoup plus que déplacements, projection et répétition. Une de ses composantes est la relance d'une certaine quête d'absolu, en relation avec tout ce que comprend le concept de narcissisme primaire. Cette quête peut être comprise comme une composante du processus analytique. Celui-ci prend forme en fonction de l'attitude interprétante du psychanalyste, attitude qui se traduit aussi bien par les interprétations et les interventions énoncées que par les silences, par le rythme de leur succession, par ce qui est souligné et par ce qui est laissé au second plan. Le patient n'a pas à se conformer à la compréhension et aux mouvements d'affects du psychanalyste, mais son discours s'ordonne, d'une façon ou d'une autre, en fonction de ce qu'il en perçoit. S'il ne s'agit plus aujourd'hui de faire disparaître la névrose de transfert par la remémoration ou la reconstruction de la névrose infantile, l'interprétation du transfert n'en reste pas moins au centre du travail analytique. Conduit-elle pour autant à la liquidation du transfert? L'expérience montre qu'il n'en est rien, et que le mouvement déclenché par l'analyse ne s'arrête pas quand les deux protagonistes décident de ne plus se rencontrer. Ce qui persiste du transfert porte l'empreinte, positive et négative, du travail analytique, des choix et des variations dans la réciprocité que ce travail a comportés.