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Il est rare que l'on signale à l'attention des lecteurs de la Revue française de Psychanalyse un recueil de poèmes. Pourtant, tout ici nous y invite. En effet, Alain Suied non seulement connaît la psychanalyse mais bien de ses poèmes portent la trace de ses lectures et de ses amitiés. Dans le recueil Harmonie et violence (1986, Dominique Bedou) qui précédait La lumière de l'origine, ces traces étaient volontairement visibles dans certains poèmes (La scène imaginaire, par exemple). Mais la source à laquelle l'inspiration d'Alain Suied s'abreuve est beaucoup plus profonde et, comme à tout créateur, lui est probablement à lui-même en partie inconnue.
Alain Suied est également journaliste à Radio J. Résolument engagé dans le combat contre l'antisémitisme et pour la culture juive, il lutte comme journaliste, comme essayiste et comme poète en faveur des écrivains, des poètes et des penseurs juifs opprimés ou méconnus. Cette lutte, c'est souvent contre l'oubli, pour la mémoire, qu'elle s'exerce, celle des poètes et celle de la Shoah. Alain Suied a écrit un court essai sur Paul Célan: La poésie et le réel (Encre des Nuits). Mais au-delà de ce combat en faveur des victimes juives, c'est le sentiment de fraternité envers les poètes opprimés par tous les systèmes politiques totalitaires de notre siècle qui l'anime.
« Poètespoètes dont on étouffe la voixavant de l'entendresur toutes les rivesde la mémoire »
écrit-il dans Les poètes et le siècle (in Harmonie et violence) où les sept premiers versets sont consacrés successivement à Armand Robin, Benjamin Fondane, Jean-Paul