You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'œuvre d'un psychanalyste se reflète dans ses écrits, mais aussi dans le travail quotidien avec les patients et dans ses contacts avec ses jeunes collègues: dans ses activités de psychodrame, Evelyne répondait bien à cette définition; elle y déployait ses qualités personnelles auprès de malades souvent très gravement atteints; de ses étudiants, elle se fit alors des amis qui lui sont encore reconnaissants de l'enseignement vivant qu'elle leur offrait en ces occasions, qui se poursuivirent jusqu'au soir de sa vie.
Evelyne Kestemberg commença avec René Diatkine au Centre psycho-pédagogique Claude-Bernard puis à l'hôpital Henri-Rousselle à pratiquer cette forme de psychothérapie, qu'avec eux je développai aux Enfants-Malades, puis au Centre Alfred-Binet: nous n'avions alors aucune idée de ce qu'était la technique de Moreno dont on va célébrer cette année le centenaire de la naissance, mais nous avions comme projet d'utiliser l'expression dramatique des conflits et de rester fidèles aux principes de la clinique psychanalytique et aux fondements de sa technique. Nous pratiquâmes d'abord quelques traitements de groupe chez les enfants, mais nous nous attachâmes surtout aux cures individuelles, pour lesquelles nous proposâmes le nom de psychodrame analytique: dans notre travail « Bilan de dix ans de psychodrame analytique » 1, nous montrons en particulier comment on peut essayer de mobiliser les organisations défensives par la mise en jeu des conflits et les contre-identifications qu'elle impose aux thérapeutes auxiliaires qui sont ainsi bien plus que des soutiens du moi: ils sont l'objet de déplacements transférentiels qui permettent parfois la latéralisation du transfert par résistance au transfert sur le meneur de jeu. Mais nous ne voulons pas aller plus loin dans cette évocation de la référence aux concepts de la technique analytique. Rappelons