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Mon rapport comprend six parties : 1/ En préambule un exemple clinique tiré d'une cure psychanalytique montre la diversité des manifestations de l'angoisse de séparation, d'où découle l'importance d'interpréter de manière précise chaque situation transférentielle particulière. 2/ La distinction entre « se différencier » et « se séparer » met en évidence le rôle charnière joué par l'angoisse de séparation au cours du processus psychanalytique dans le passage d'une relation narcissique à une relation objectale. 3/ Les modifications multiples subies par l'angoisse de séparation en cours d'analyse sont considérées actuellement comme un critère valable de l'évolution et de terminaison de l'analyse. 4/ Le problème technique d'interpréter — ou pas — l'angoisse de séparation dépend du point de vue théorique du psychanalyste sur les relations d'objet ; la place de l'angoisse de séparation dans les principales théories de relation d'objet est passée en revue. 5/ L'angoisse de séparation entraine une forte résistance à l'interprétation, tant du côté de l'analysant que du côté de l'analyste ; pour moi, lorsque l'angoisse de séparation se manifeste dans le processus psychanalytique, il est essentiel de la repérer et de l'interpréter, car c'est un moment privilégié pour mettre en évidence des aspects cruciaux de la relation transférentielle. 6/ Avec les progrès de l'analyse l'angoisse de séparation diminue en intensité et en fréquence, et l'analysant ressent un sentiment d'autonomie par rapport à l'analyste qu'il exprime souvent en disant qu'il se sent capable de « voler de ses propres ailes » : j'ai désigné par le terme de « portance » cette capacité acquise par l'analysant qui est devenu capable de mieux tolérer l'angoisse de séparation.