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La souffrance psychique doit être distinguée de l'angoisse, car les aspects les plus profonds de la souffrance restent en général latents et masqués par les mécanismes de défense. Ils peuvent apparaître dans certains cas d'analyse où la terminaison semble impensable en raison de la révélation, face à la perspective de la fin des séances, de l'existence d'un noyau de terreur correspondant à une menace de mort psychique. Le danger porte sur la relation contenant-contenu et déclenche une angoisse catastrophique. Le point de fixation serait une perturbation de la relation primitive de l'enfant avec la mère qui n'a pas permis à l'enfant d'intérioriser avec sécurité le rôle contenant de l'appareil psychique de sa mère pour sa propre vie psychique. La modalité dépressive qui accompagne l'existence d'un noyau de terreur menaçant la vie psychique elle-même est le désespoir : le sujet a le sentiment de ne pouvoir que survivre au lieu de vivre. La souffrance la plus profonde semble celle de n'avoir pu développer un sentiment d'identité suffisamment assuré, le sentiment d'être, ni les sentiments de gratitude envers l'objet qui permet le développement. L'origine de l'angoisse catastrophique de séparation se situerait dans certains aspects traumatiques des premières relations d'objet, qui laissent dans la personnalité des noyaux autistiques clivés. Les réactions thérapeutiques négatives, en général rapportées à la pulsion de mort et à l'envie, devraient alors plutôt être comprises comme les réactions de survie du sujet désespéré.