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« Je suis obligé d'y croire »…
C'est ainsi que Freud commentait la nécessité d'introduire dans ses derniers remaniements théoriques, le concept de pulsion de mort.
De cette obligation à croire, les successeurs immédiats de Freud ont, pour certains, tenté de se dégager : par exemple Nacht disait, malgré son intérêt pour la problématique du masochisme, ne pas croire à la pulsion de mort.
Ainsi, dans l'immédiat après-guerre, pouvait-on distinguer, chez les psychanalystes « celui qui croyait à la pulsion de mort et celui qui n'y croyait pas » ; dès lors la question de la pulsion de mort était directement idéologique, engageant davantage une Weltanschauung qu'une exigence épistémologique. Aujourd'hui, les psychanalystes nous paraissent davantage engagés dans cette réflexion épistémologique, et cela pour trois raisons :
— La première est liée au mouvement général du travail scientifique se dégageant progressivement des mouvements de croyance qui, de l'extérieur, le contraignaient, ou qui, de l'intérieur, le subordonnaient à des nécessités idéologiques extérieures à lui.
— La seconde est liée à l'extension de l'indication d'analyse : l'analyse de patients qui, dans leur fonctionnement mental, nous confrontent aux limites du psychique — ou du psychisable — nous a conduit à redonner aux derniers textes freudiens leur pleine et scandaleuse force.
— La troisième, enfin, découle de la précédente : si la clinique des « patients difficiles » ne peut être pensée sans référence à la pulsion de mort, la technique doit aussi affiner la gestion de cette dimension pulsionnelle dans les différents paramètres de la cure.