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La pulsion de mort constitue avec Eros une « équation à deux inconnues », un alliage vital déconcertant et hétérogène. Aucun argument, qu'il soit d'ordre physico-biologique ou même clinique, ne peut fournir de preuves de l'existence de ce concept spéculatif, qui restera pourtant, après 1920, comme la pierre angulaire de la métapsychologie freudienne. C'est dire le nombre de questions soulevées par l'introduction de ce concept de Todestrieb! Quels sont ses représentants : la destruction, la déliaison, la répétition, ou le Nirvâna ? Est-une force antagoniste d'Eros, un destin extrême de la force pulsionnelle ? Est-ce un principe de fonctionnement, sans figuration ni représentants directs, la forme la plus radicale du négatif ?
Le Todestrieb est certes un désorganisateur redoutable, mais paradoxalement, intriqué par Eros, il sera un organisateur qui va dégager l'appareil psychique de la contrainte du principe de plaisir. La pulsion de mort a des modalités d'expression bien tempérées, et d'autres déchaînées, que ce soit sous ses formes blanches, désertiques, muettes — ou sous ses formes pleines de bruit et de fureur.