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En annonçant, jusque dans le titre, qu'il se propose d'instituer de Nouveaux fondements pour la psychanalyse, Jean Laplanche s'installe dans la provocation au meilleur sens du terme : il s'efforce de provoquer notre intérêt et notre réflexion, voire de nous amener à réviser nos conceptions de la psychanalyse selon les critères qu'il définit, selon ce qu'il annonce comme des « mises en question radicales, violentes »… Pareil projet mérite la sympathie et vaut que nous examinions attentivement son développement; il nous incite d'autant plus à engager une discussion véritablement critique que nous retrouvons, dans ce livre, les qualités que nous apprécions chez lui : clarté et rigueur de pensée, refus des concessions aux modes et aux circonstances, vaste culture et grande familiarité de la théorie psychanalytique. Un ouvrage d'un auteur de pareille qualité ne saurait laisser indifférent, et c'est un plaisir que d'avoir à en discuter — d'autant qu'il vient conclure, ou tout au moins prolonger quelques autres.
Ce livre est pourtant bien différent des précédents car c'est peu dire qu'il apparaît essentiel à son auteur : il lui est vital, il se fait « nécessité »; on y sent la pression, cette impérieuse contrainte qui l'agit et à quoi l'on reconnaît les véritables productions de la sublimation. C'est « une course contre la montre », nous prévient-il; il a « la volonté d'aller jusqu'au bout » puisqu'il s'agit là « d'ébranler jusqu'aux fondements toute l'expérience freudienne » (p. 5). Il perçoit que pour lui le moment est venu de reprendre, de rassembler et de réorganiser ce qu'il a pu élaborer jusqu'alors, afin « d'en montrer l'articulation ». L'entreprise est ambitieuse. Elle est aussi et surtout touchante au meilleur sens du terme : elle nous touche; elle est émouvante comme le sont ces retours de la mégalomanie infantile, nécessairement à la source de toutes les véritables tentatives créatrices. J'ai dit qu'elle méritait la sympathie; elle a la mienne : c'est bien pourqu