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H. F. Searles feignait un jour de s'étonner de la rareté des passages à l'acte meurtriers des analystes sur leurs patients par rapport à la relative, mais déplorable fréquence des passages à l'acte érotiques. Il ne s'expliquait pas cette asymétrie des conduites en face de l'égale répartition des pulsions libidinales et agressives.
Il est vrai que leur expérience personnelle place rarement les analystes en position de parler du crime. Comme le dit Searles, ils en commettent peu eux-mêmes; de plus, il est rare que des assassins ou des grands délinquants fassent appel à leurs services. Les travaux psychanalytiques sur la délinquance sont nombreux, mais ils concernent le plus souvent des adolescents ou des imposteurs, qui conservent un important secteur « mentalisé » dans leur personnalité.
Claude Balier a accepté, il y a presque dix ans, de prendre la direction d'un « Centre médico-psychologique régional », c'est-à-dire d'un service psychiatrique situé dans une prison. Il a accumulé ainsi une expérience clinique et psychothérapique extraordinaire des grands délinquants, dont son livre est la somme.
La description de cette institution montre comment un réel travail psychanalytique est possible dans une prison, malgré la complexité des rapports avec l'administration pénitentiaire.
Tous les patients dont nous parle C. Balier ont commis des délits graves : vols à main armée, incendie, viols, ou meurtres. Certains sont seulement en détention préventive. Les autres ont été jugés et condamnés à l'incarcération. Tous