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La notion d'objet ne se présente pas en psychanalyse comme dans la pensée courante, ou dans la pensée objectiviste scientifique, où elle désigne une réalité clairement définie, extérieure et opposable au sujet. Il n'y a d'objet, à proprement parler, en analyse, que d'une expérience d'inachèvement de ce qui est cependant maintenu investi par les pulsions. Au centre de l'objet (en tout cas de l'objet dit total, l'objet « partiel » se détachant plutôt, pour sa part, sur un fond global obscur d'incertitude identitaire moi/autre), il semble qu'il y ait en fait une zone d'inconnu ou d'ambiguïté essentielle qui nourrit l'investissement d'objet lui-môme, et est nécessaire à sa continuation. Cette zone centrale, qu'on peut tenter de décrire métapsychologiquement, n'est pas sans parenté — encore que moins ample et diffuse, mieux contenue — avec « l'ombre » ambivalentielle que Freud repère dans la mélancolie, sorte de noyau narcissique témoignant d'une confusion et condensation représentative et effective de l'image de soi et de l'image d'autrui. L'auteur de l'article illustre à l'aide d'un exemple clinique la problématique ainsi proposée» et montre comment intervient le travail psychanalytique dans l'élaboration de l'expérience d'objet.