You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Pour nous quatre, choisir de lire Bion fut facile : son nom souvent prononcé, l'impact et la résonance de sa pensée perçus chez certains de nos aînés, tout cela attisait notre curiosité.
Cette année, qui est la quatrième de notre groupe de lecture de l'œuvre de Bion, nous avons choisi Entretiens psychanalytiques, recueil des conférences que Bion avait données au Brésil en 1972 et 1973. Dans cette lecture actuelle, plus que dans toutes les précédentes, nous avons ressenti l'existence de notre petit groupe dans sa confrontation brutale avec le grand groupe de cet amphithéâtre posant des questions à Bion qui y répond « en direct ». Pourrions-nous dire que notre communication privée, devenue en quelque sorte publique, s'en est trouvée immobilisée? Dans cet article nous allons tenter de rendre compte de notre expérience d'une lecture privée de Bion et de sa transmission.
Dès la première année de notre travail en commun, alors que nous étions confrontées à des difficultés de compréhension d'un texte parfois très abstrait, l'une de nous qui avait déjà étudié Transformations évoque l'image d'un lac. Résonance d'une « préconception », le lac s'est imposé à nous comme une trame vers une « réalisation » de notre pensée. Image visuelle concrète, de transparence, de profondeur, aux contours énigmatiques, il fut notre compagnon de route.
Notre expérience pourrait alors se dire dans ces trois parties de la description que Bion nous propose du spectacle du lac :
« Par une journée calme et ensoleillée, un lac reflète… »
« La lumière virant à l'obscurité ou le calme faisant place à la turbulence… »
« Quelle est la nature de cet O ? »