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La nouvelle série de la RFP a publié de nombreux commentaires sur la publication des œuvres complètes de Sigmund Freud en français. Certains de ces propos avaient fait de nombreux aller-retour entre la rédaction et les auteurs. Le sujet était d'actualité et le recul manquait pour en juger sereinement. La fraîcheur de certaines réactions — fraîcheur au double sens du terme —et leur accumulation ont pu nous laisser perplexes. Une lettre de Jean-Paul Valabrega à Jean Laplanche mérite d'être publiée pour sa clarté, sa concision. Son auteur maintient l'opinion qu'il y exprimait il y a environ un an.
Cher Jean
Merci de m'avoir envoyé ton livre sur la traduction de Freud. Il suscite évidemment tout mon intérêt et toute mon attention.
Il est vrai que je suis critique à l'égard de ton édition des Œuvres complètes. Voici pourquoi :
1 / J'ai toujours pensé que ce dont nous avions besoin comme instrument de travail pour étudier Freud (nous, et plus encore les générations futures) c'était d'une édition complète et critique bilingue. Comme cela a été fait pour tant d'autres œuvres classiques. Or, je pense que la publication de l'Œuvre complète dont tu es responsable — et qui représente un travail considérable — rendra désormais impossible une nouvelle édition bilingue. C'est cela que je trouve déplorable.
L'argument selon lequel l'édition bilingue doublerait le nombre de volumes ne tient pas. Car celui qui voudra étudier Freud de façon approfondie aura besoin : des Gesammelte Werke, de la Standard Edition, de ta propre édition complète, plus des autres traductions nouvelles (que poursuit par exemple Gallimard), soit un total de plus de cent volumes, alors que l'édition bilingue en aurait comporté au maximum une quarantaine.