You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le besoin d'une aide psychologique aux populations sinistrées d'Arménie après le séisme du 7 décembre 1988 apparaissant urgent et nécessaire, « Médecins du Monde » a fait appel à une équipe de psychanalystes.
Il apparut à l'évidence que beaucoup d'enfants survivants présentaient des signes nets de « névrose traumatique » (un quart environ, soit une population de soixante mille enfants sur les deux cent cinquante mille enfants survivants).
Les psychiatres et psychologues arméniens et russes n'avaient que les méthodes biologiques et pavloviennes à opposer à ce genre de situation. Très vite elles s'avérèrent inefficaces et même néfastes. Les propositions que nous leur fîmes de travailler avec nos méthodes inspirées de la psychanalyse furent acceptées d'enthousiasme avec, à la clef, l'introduction de la psychanalyse en Arménie…
Après une première évaluation effectuée par Donabédian avec un protocole mis au point par Pierre Marty et portant sur mille cinq cents enfants, il s'avéra nécessaire d'étoffer les équipes de psychothérapeutes venant en France et de travailler en collaboration avec les psychiatres et psychologues du cru. Un accord fut signé en juillet 1989 entre « Médecins du Monde » et les ministres de la Santé et de l'Education nationale de la RSS d'Arménie pour mener à bien cette tâche. Aux termes de cet accord, une équipe de psychanalystes et psychothérapeutes français se relaiera sur place, une semaine par mois pendant trois ans dans le but de :
— superviser la prise en charge des enfants par les psychothérapeutes arméniens;
— superviser le travail des psychologues de groupe, tant arméniens que français, travaillant en équipe sur les lieux mêmes du séisme;
— assurer la formation des psychothérapeutes arméniens tant sur le plan théorique que pratique…
Aucun précédent n'existant encore sur ce plan-là, il nous fallait innover, en particulier en ce qui concerne la sensibilisation personnelle des thérapeutes arméniens… à leur propre inconscient…