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Si la symbolisation peut être définie de façon générale comme l'opération de substitution par laquelle quelque chose va représenter quelque chose d'autre pour quelqu'un, la découverte freudienne de l'inconscient a introduit l'idée d'un travail et d'un processus corrélatifs de la différenciation du sujet et de l'objet : d'où l'idée de destins de la symbolisation qui sont ici relatifs aux destins de la pulsion. La polysémie du concept de symbole dans les textes freudiens (symbole mnésique et multivoque comme dans le symptôme hystérique ou symbole stéréotypé et univoque comme dans la théorie du rêve) et post-freudiens (Jones, Ferenczi, M. Klein, Lacan) témoigne de l'appel vers une règle d'interprétation partagée entre l'ouverture infinie vers la richesse du symbole et sa délimitation univoque par la référence à un code. Une réflexion autour de trois cas cliniques allant de la psychose à la névrose montre la nécessité d'articuler les contenus psychiques à leurs fonctions dans le travail intrapsychique et intersubjectif. Cette perspective confirme l'importance de la dimension originairement sociale et réflexive du symbole, comme en témoigne l'étymologie de ce concept comme « signe de reconnaissance », ainsi que de la constitution d'une aire intermédiaire d'expérience favorisant la médiation entre l'illusion et la désillusion.