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Le rêve de Kékulé, à l'origine de l'invention du cycle du benzène, est suivi :
— dans les métamorphoses de ses figurations, du morcelé à l'unitaire : atomes → serpents enlacés → serpent archaïque → cycle hexagonal ;
— dans les mutations de ses symboles : érotique → narcissique, d'ordre personnel, archétypique, puis scientifique, dans l'opposition narcissisme du sommeil/narcissisme vigile ; une stratégie narcissique apparaît dans ce troc d'un symbole de soi vivant et mortel contre un symbole inanimé mais étemel ;
— dans les mutations économiques : excitation érotique, puis excitation narcissique jusqu‘à l'orgasme du Moi qui trouve son symbole d'affect dans l‘éclair de l'euréka au réveil ; enfin tension étale.
Au-delà, le destin du symbole est suivi dans le socius, à travers les conflits quasi idéologiques reflétant l'opposition entre l'illusion narcissique des intuitifs créatifs, et l'illusion du contre-investissement anal des positivistes.
Au terme de ce travail de narcissisation, le schème, ici scientifique, révèle un statut métapsychologique caractéristique (â côté de celui des représentations de choses et de mots), statut fondamental pour comprendre ce que la pensée doit à la spatialisation, et ce que la créativité doit à une figuration au carrefour des processus primaires et secondaires.
L'analyste pourra, dans une même démarche, s'interroger sur le travail qui a pu mener à ses schèmes théoriques, et tout particulièrement ses topiques.