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Le roman La pianiste1 d'Elfriede Jelinek a paru il y a un peu plus de trois ans. Je voudrais vous en présenter brièvement le contenu:
Le personnage principal du roman est la pianiste Erika Kohut; elle a près de quarante ans et vit avec sa mère très âgée. Après la naissance d'Erika, le père est devenu malade mental et a dû être finalement hospitalisé. Dès le départ, la mère a voulu faire de son enfant unique un être exceptionnel et l'a dressée pour en faire une pianiste, mais elle n'est devenue qu'une « simple » exécutante, professeur de piano au Conservatoire d'Etat de Vienne. La mère s'est sacrifiée et a sacrifié sa vie pour sa fille, qui ne devait pas se salir les mains pour se consacrer uniquement à la pureté de son art. Son éducation exclut toute pulsion, elle ne doit pas entrer en contact avec l'autre sexe. Sans cesse la mère cherche à séduire sa fille par des gâteries orales et en maintenant « la douceur du foyer ». Mère et fille dorment ensemble dans le lit conjugal. La mère exerce un contrôle absolu sur sa fille; bien qu'elles se crachent constamment leur haine au visage et même s'empoignent toutes griffes dehors, elles sont pourtant attachées l'une à l'autre. Ce n'est qu'à l'aide de mensonges que la fille peut s'aménager un espace de liberté pour réaliser ses désirs pervers. Elle fréquente des peep-shows ou observe des couples amoureux pendant le coït dans les bosquets du Prater. Elle sépare d'une façon stricte le monde de l'art idéalisé du monde de la fécalité, le monde sale des pulsions et de la perversion. Mais même là elle n'arrive pas à la satisfaction: le monde de la jouissance lui reste fermé. Elle ne réussit pas à