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Catherine Parat nous invite, dans ce livre dense et concis, à partager son intérêt pour certains vécus humains rarement, sinon jamais, rencontrés sur les divans des psychanalystes, qu'elle appelle « vécu du sacré ». Elle s'attache à saisir les mécanismes psychiques qui suscitent ou permettent la survenue de certains états affectifs particuliers s'inscrivant dans la vie religieuse pour certains, dans des registres différents pour d'autres.
Catherine Parat n'oublie pourtant jamais que l'expression du sacré varie avec les civilisations et le contexte historique qu'elle répertorie soigneusement, le voyage qu'elle nous propose à travers le temps, l'espace et les auteurs n'est pas le moindre intérêt de cet ouvrage.
Il ne s'agit pas d'une réflexion sur la clinique mais à travers des témoignages, des textes, elle s'interroge en psychanalyste dans une perspective strictement freudienne, centripète, sur les mouvements internes qui sous-tendent ces états.
Donc elle se situe bien entendu en dehors d'une position de croyance qui attribuerait à une Divinité extérieure porteuse de vérité, ce type d'expériences psychiques singulières. Mais elle évite une attitude rationaliste, réductrice, qui conduirait soit à les nier, soit à les ranger systématiquement dans le domaine du pathologique (même si elles peuvent évoquer certains aspects de la dépersonnalisation au sens de Bouvet).
Pour elle, et nous la suivons volontiers sur ce point, un certain nombre de mystiques peuvent se compter au nombre des valeurs de l'humanité sous l'angle de la pensée philosophique, théologique, et sous l'angle du dévouement, du travail et d'une réelle valeur morale et civilisatrice. Ils font partie de notre patrimoine.
De plus, le « vécu du sacré » interrogé par Catherine Parat déborde largement