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Je tiens à ce qu'on ne prenne pas ces réflexions survenues après la lecture de ce remarquable ouvrage pour une « critique ».
Guy Dupré, après être monté aux créneaux, à contre-courant de tout ce qui se produisait dans l'indigente, paresseuse et idéologique « littérature » d'après-guerre, à côté de la fin de règne des trois derniers grands romanciers, Georges Bernanos, Julien Green et Julien Gracq — lui, plus « nouveau » — nous avait donné à lire et à méditer trois merveilleux et succulents moments de haute graisse littéraire: Les fiancées sont froides, Le grand coucher, Les mamantes. Aujourd'hui plus qu'hier, il avance à découvert, avec un véritable art militaire pour s'exposer et nous exposer à la compréhension du phénomène poétique de création, de sa création — car il n'y a de création que personnelle.
On peut s'entraîner évidemment jusqu'aux commentaires de salon, aux violences biographiques auxquelles se soumet Guy Dupré; on peut même les sur-déterminer. Guy Dupré a tiré le vin avant nous.
Il s'éloigne de tout principe biographique, de toute déterminante imaginaire d'une époque, de toute galerie de portraits avec son évocation des morts.
Evocation est-ce le bon mot? G. Dupré vaque au souci des morts, de ses morts, qui continuent à parler en lui, l'entretenant de ces mystères que sont nos avant-vies et nos après-chairs.
Les morts glorieux de la Grande Guerre (14-18) hantent Guy Dupré. Nous, leurs descendants, nous les avons déhonorés. Guy Dupré les remet dans leur honneur… mais, stratégie admirable, ce n'est pas de ces glorieux qu'ils parlent, mais de ceux qui n'ont eu de scientillement que de leur gloire, projetée comme apposée.
Cécile Sorel, Anna de Noailles, Simone, les « trois Barrés », Jean Cocteau,