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Denys Ribas. — Cléopâtre Athanassiou pose d'emblée la question de « l'opportunité de la recherche de la difficulté fondant seule la solidité des progrès accomplis dans un traitement ». J'imagine que cette préoccupation de solides fondations est proche de vous, mais que pensez-vous de la phrase suivante qui précise qu'il s'agit de toucher le secteur de la personnalité qui « ne dit rien » et de la référence faite alors à Freud?
Jean Bergeret. — Je pense que ce que dit Cléopâtre Athanassiou est très juste… mais dans les mêmes conditions, il me semble que je n'aurais pas une attitude aussi active. « Rechercher la difficulté » n'est pas le terme que j'emploierais, car il évoque une attitude trop narcissique de la part du thérapeute. Quand je veux prendre plaisir à rechercher la difficulté, j'engage mon narcissisme à essayer de dominer la difficulté d'un circuit de micro-électricité que j'essaie de construire. Quand je fais de la thérapeutique, je ne recherche pas la difficulté, je la laisse venir et je l'accepte. C'est très différent. Ce que dit Cléopâtre Athanassiou est vrai: derrière ce que dit le patient, et qui peut être banal, il y a autre chose qu'il faut savoir écouter. Mais à mon avis il faut rendre au patient le service de trouver lui-même ce que j'essaie de l'aider à trouver. Ce qui me gêne dans cette phrase, c'est qu'elle évoque, avec une grande honnêteté, un plaisir qu'aurait l'analyste à trouver lui-même la difficulté, et à la trouver trop vite, c'est-à-dire avant que l'analysant ne l'ait vraiment exprimé dans son discours. Personnellement, je ne suis pas pressé quand je fais une analyse, et je crois que c'est ce dont mon patient a surtout besoin. Je lui montre progressivement, patiemment, la part d'inconnu la plus proche de ce qu'il comprend et ainsi, le véritable plaisir de la recherche, il faut que ça soit lui qui l'ait, et pas moi seul.
D. R. — On pourrait ajouter que guetter quelque chose, présupposé exister silencieusement chez le patient, expose au dang