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J'ai une véritable fascination pour le fantasme (le concept) de preuve objective. Prouver qu'une thérapie psychosomatique puisse prolonger la vie des patients a d'ailleurs été l'un de mes fantasmes préférés. Aussi ai-je été fort intéressé par un article de Spiegel et coll. paru dans The Lancet, produisant des preuves statistiques que leur «intervention» psychothérapique sur un groupe dé femmes atteintes d'un cancer du sein métastasé avait doublé l'espérance de vie de celles-ci. Bien qu'ils ne se réclament pas de la psychanalyse, j'ai pensé que leur travail pourrait alimenter la réflexion de quelques lecteurs de la revue et en intéresser d'autres. C'est pourquoi j'ai décrit la méthode qu'ils ont suivie pendant dix ans pour obtenir cette preuve. J'ai ensuite cherché à expliquer pourquoi leurs patientes avaient vécu deux fois plus longtemps qu'elles ne l'auraient fait sans leur «intervention», de mon point de vue de psychanalyste et à la lumière de la théorie psychosomatique et de l'enseignement reçu à l'IPSO. Enfin, j'ai conclu en soulignant les incertitudes et la complexité de la question.