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Dans la première partie de son travail, nettement la plus longue, intitulée «Biologie et psychanalyse, la pesanteur physiologique», Ch. Dejours commence par étudier trois registres psychopathologiques, l'angoisse, la mémoire et le rêve, et nous propose une double lecture, s'appuyant à la fois sur les acquisitions de la Biologie contemporaine et sur les observations venant de là clinique psychiatrique et psychanalytique.
L'auteur en propose une interprétation neurobiologique qui confère une place centrale aux voies dopaminergiques dans la régulation de l'angoisse; elle est loin d'être la plus couramment utilisée, comme il le souligne lui-même.
Si dans la psychose, l'angoisse ne s'accompagne pratiquement d'aucune manifestation endocrino-métabolique, c'est que l'axe hypothalamo-viscéral reste sous le contrôle hypertonique des circuits dopaminergiques mésocorticaux et mésolim-biques sus-jacents.
Dans la névrose d'angoisse, le diencéphale échappe au contrôle des structures mentales sus-jacentes, par défaut d'activité dopaminergique du système mésocortical. Le cerveau hypothalamique et ses efférences viscérales retrouvent alors une autonomie par rapport aux structures nerveuses centrales et vont répondre au coup pour coup aux événements actuels, sans référence au passé ni à l'expérience désormais inutilisable.