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Je n'ai jamais pu me sentir d'accord avec les théoriciens si éminents fussent-ils qui minimisent le passé infantile réel et en particulier l'impact du comportement réel des parents envers leurs enfants, si ardue que soit la tâche du psychanalyste qui cherche à le reconstruire. Il en est de même de ceux qui nient ou estompent le dualisme instinctuel. L'ouvrage de Nicole Jeammet donne toute satisfaction au lecteur sur ces deux points.
Très ouvertement inspirée par la pensée de Winnicott, elle se montre très attachée, ce à quoi j'applaudis sans réserve, au concept de mère «suffisamment bonne», concept qui a complété, et de ce fait énergiquement relativisé, le solipsisme kleinien première manière. Ainsi la «haine» et «l'amour» maternels avec leurs effets sur le sujet ont été enfin pris en compte.
Et du coup, ceci est une parenthèse, le comportement du psychanalyste, son contre-transfert, est mis à jour et donc exposé, ne pouvant plus se sentir à l'abri derrière les identifications projectives de son patient, mais aussi, c'est du moins ce que j'en déduis, ce comportement peut être dit, mais dans les strictes limites que j'ai rappelées ailleurs, réparateur.
En un mot, il cesse d'être un simple décrypteur de fantasmes et de rêves.
Nicole Jeammet a d'abord traité de l'Œdipe. On trouve dans son livre, témoignant de l'étendue de sa culture psychanalytique, de la richesse de sa réflexion personnelle et de son expérience, un inventaire très complet et très clair de toutes les difficultés rencontrées lors de l'accession à l'Œdipe et lors des tentatives de «liquidation» — ce qui ne sera pas précieux simplement pour ses étudiants. A ce sujet, j'ai particulièrement apprécié sa prise en considération de l'angoisse devant l'amour qui vous est témoigné. «La composante nécessairement passive de l'amour