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Freud, ainsi qu'il en est fait justement mention dans ce livre important, a fort peu utilisé la mythologie pour illustrer le prégénital.
Depuis, bien des psychanalystes, en France en particulier, se sont efforcés de combler cette lacune. Mais ce qui à ma connaissance n'avait jamais été fait et qui, à mes yeux, constitue le principal intérêt de cet ouvrage qui en comporte bien d'autres, c'est de confronter la théorie psychanalytique à la fois à la mythologie grecque et aux religions monothéistes chrétiennes.
Pour centrer leur propos, l'auteur et ses collaborateurs ont choisi le thème universel de la théophagie, thème privilégié puisqu'il englobe les formes les plus archaïques de l'oralité jusqu'à leur décantation la plus élaborée dans le rite de la communion.
La polysémie du terme y correspond. Ainsi, tantôt il concerne le monde divin exclusivement: Kronos avale ses enfants, les Titans mangent Dyonisos après l'avoir fait cuire, Zeus avale Métis; tantôt il concerne la relation de l'homme avec les dieux ou avec le Dieu unique, soit que ceux-ci se nourrissent de sang humain pour assurer leur survie (religions pré-colombiennes) soit que, au contraire, ce soient les hommes qui se nourrissent de Dieu ou, en tout cas, d'êtres à caractère sacré: les repas totémiques, la communion chrétienne.
Il faut distinguer aussi les modes d'absorption, les auteurs nous le rappellent, selon qu'il s'agit seulement d'avaler et de conserver intact en soi, comme le loup