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Mlle W…, une célibataire de vingt-neuf ans, avait demandé une analyse afin de résoudre son problème de promiscuité compulsionnelle. Ce symptôme sérieux mis à part, sa vie était satisfaisante sur les autres plans: elle réussissait dans son travail et avait beaucoup d'amis; ce qu'on appelle une vie épanouie. Après un diagnostic plus affiné, j'arrivai à la conclusion qu'elle souffrait de troubles névrotiques à caractère hystérique.
Mlle W… avait un charme fou, et bien qu'elle fût habillée avec une élégance discrète, elle s'arrangeait pour donner d'elle-même une image à la fois séduisante et provocante. Parmi mes patientes, celles qui eurent l'occasion de la croiser lorsqu'elle arrivait à ses rendez-vous, ou qu'elle en repartait, se sentaient partagées entre l'envie et la colère, et la consœur avec qui je partageais la salle d'attente les trouva souvent en train de parler de Mlle W… C'était là le genre d'influence qu'elle exerçait où qu'elle allât. Ses conquêtes masculines étaient en général des hommes plus âgés et haut placés qui succombaient immédiatement à son charme. Comme on pouvait s'y attendre, elle exerça toute la gamme de sa séduction dans l'analyse. Cependant, je n'eus pas de difficulté à maintenir une attitude de neutralité et une attention flottante, non directive, qui devaient déclencher le développement d'un transfert œdipien classique. L'interprétation de ce transfert et sa résolution, par le biais de la reconstruction, libérèrent Mlle W… de sa névrose en temps voulu. Ce résultat apporta une nouvelle fois la preuve que la méthode psychanalytique, que l'on peut résumer en trois termes — neutralité, abstinence et empathie (Basch, 1983) —, est aujourd'hui aussi efficace qu'au moment où Freud l'avait découverte (Freud, 1912a et b, 1913, 1915).
J'aimerais maintenant poser la question suivante: Pourquoi, du moins au début, cette femme sophistiquée, qui incarnait le charme et la séduction et qui avait fait de moi l'objet de son désir, ne me troublait-elle pas, ne