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Les psychanalystes sont frappés de voir combien le rythme auquel se produit le changement psychique peut varier d'un patient à l'autre. Ils savent bien que cette aptitude au changement est difficile à prévoir en fonction des seuls symptômes et de l'histoire de la personne. Pour tenter de comprendre pourquoi certains patients changent relativement vite alors que d'autres sont réfractaires au traitement, de nombreuses théories se sont rapportées à la nature de la pathologie. Elles invoquent les relations d'objet internalisées pathologiques, le fantasme inconscient pathologique, le trauma précoce, l'adhésivité des fixations libidinales, les inadéquations de la structure défensive, les limitations du moi, les déficits dans le fonctionnement du moi et dans la relation à l'objet, et les organisations psychiques pathologiques. La multiplicité des données pertinentes susceptibles d'expliquer la variabilité, en soi, du rythme du changement psychique fait apparaître la nécessité de revoir la question. Dans cette communication, nous souhaitons compléter notre approche psychanalytique du développement par une perspective cognitive afin de tenter de comprendre le problème du rythme du changement psychique et de sa stabilité.
Le travail analytique avec de jeunes enfants donne l'occasion d'observer le fonctionnement psychique précoce dans le processus de développement, et de voir comment les éléments infantiles de la vie psychique de l'enfant en viennent à être