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En guise d'introduction à ce sujet aussi complexe que vaste, je dois préciser que dans un esprit de synthèse je laisserai de côté de nombreux champs de réflexion. C'est la raison pour laquelle cet article se bornera à ne traiter que de certains points et à délimiter le cadre théorique de mes spéculations. En fait, autant le concept de «remaniement» que la notion de «psychique» débordent largement le domaine de la psychanalyse et, quand on les y replace, la gamme de leurs significations possibles suffit à provoquer d'interminables discussions.
Citons Freud lorsqu'il présente la théorie du narcissisme: «Pourtant voilà précisément, à mon avis, la différence entre une théorie spéculative et une science bâtie sur l'interprétation empirique. La dernière n'enviera pas à la spéculation le privilège d'un fondement tiré au cordeau, logiquement irréprochable, mais se contentera volontiers de conceptions fondamentales nébuleuses, évanescentes, à peine représentables, qu'elle espère pouvoir saisir plus clairement au cours de son développement, et qu'elle est prête aussi à échanger éventuellement contre d'autres.»1
Je ferai tout d'abord référence à la bibliographie, pour rappeler certains des textes qui ont particulièrement stimulé ma réflexion. Hormis les œuvres classiques de Freud, j'ai eu recours à celles de psychanalystes argentins: Angel Garma (1974), à propos de la résistance durant les dernières phases du traitement psychanalytique; José Bleger (1973), à propos des visées thérapeutiques dans la psychanalyse; David Liberman (1969), à propos des résultats du processus thérapeutique; Fernando Guiard (1974), à propos des composants musicaux du langage à la fin du traitement; M. et W. Baranger et Jorge Mom (1982), à propos des processus ou de l'absence de processus; et Carlos M. Asian (1988), à propos des terrains d'entente en psychanalyse. Je