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La présentation orale du rapport écrit a ses coutumes. Pour animer, féconder le texte écrit, elle recourt souvent à la médiation de tiers: soit créateurs du monde artistique, romanciers, poètes, soit invités clandestins du monde analytique, nos patients.
Nous ne voulons pas manquer à ces deux traditions. Comme Pedro Guillem l'a fait hier, j'aimerais vous raconter une histoire. Mise en scène du problème de l'interprétation, c'est l'histoire talmudique du Verger. Quatre personnages y pénètrent, représentation anthropomorphique de quatre niveaux de lecture, quatre niveaux de signification:
1 / Le premier figure le niveau littéral, simple. Pour lui, la signification est explicitement présente dans le texte. Sans écart, il répète ce qu'il lit, ce qu'il entend, ce qu'il voit. Il n'est pas créatif. L'histoire dit qu'il en meurt.
La force du refoulement est si grande qu'il est contraint d'obéir à une répétition mortifère. La prédictibilité est assurée. Sous l'emprise de la compulsion de répétition, l'activité fantasmatique est entravée. Au-delà du principe de plaisir, c'est «le retour à l'inanimé… le chemin qui mène à la Mort»1. Nous dirions qu'une fiabilité trop grande conduit à la mort psychique.
2 / Le second Sage est maître du secret, «détenteur du code». Le texte ne le traverse plus. Il en connaît tous les sens cachés. Il sort comme il est entré, en paix, inchangé. On pourrait dire: «la pulsion de savoir» a perdu son lien avec la curiosité sexuelle, la sublimation a trop parfaitement réussi. Ce «sachant» a une redondance élevée dont l'organisation définitive lui a fait perdre l'accès à l'étonnement et au changement.